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15 leaders afghanes à l’ESSEC

Actus de l'école

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23/11/2019

15 leaders afghanes ont passé une semaine sur le campus de l’ESSEC, à la fois pour suivre un programme de formation et pour alerter la communauté internationale sur leur situation. Une belle expérience que Tina Robiolle (E00), à l’origine du projet, raconte dans Reflets #129. On vous met son interview en accès libre… abonnez-vous pour lire le reste du numéro !

ESSEC Alumni : Comment est née l’idée de former des femmes afghanes ?

Tina Robiolle : Depuis 2004, je travaille sur des projets de construction de la paix dans des pays en situation fragile et/ou post-conflit. En 2006, j’ai rencontré Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, lors d’un Mardi de l’ESSEC. Je lui ai présenté les activités que je menais au Burundi, et l’idée a émergé de monter un programme similaire destiné à renforcer les capacités de leadership des femmes afghanes. 

EA : Comment cette idée s’est-elle concrétisée ? 

T. Robiolle : Fahimeh Robiolle et moi avons trouvé les fonds nécessaires pour travailler avec une première délégation en 2011, en partenariat avec l’ESSEC (grâce à Pierre Tapie, directeur général du groupe à l’époque), le Département d’État américain, l’Assemblée Nationale et le Ministère des Affaires Etrangères français. Ce premier projet nous a permis d’élaborer des projets similaires à Kabul par la suite, avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Début 2019, l’ambassade de France à Kaboul nous a demandé d’élaborer un programme à destination d’un groupe de femmes leaders de haut niveau. 

EA : Qui a soutenu le projet ?

T. Robiolle : Le projet a été financé par le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, et conduit en partenariat avec l’ESSEC, l’Assemblée Nationale, le Sénat, l’Ambassade d’Afghanistan à Paris et le club France Afghanistan. 

EA : Quelle orientation avez-vous donné à ce nouveau programme ?

T. Robiolle : Dans un contexte de négociations contestées entre les talibans et le gouvernement américain et d’élection présidentielle prévue en fin d’année, nous avons souligné à quel point il était important de préserver les acquis en termes de droits des femmes et d’assurer la participation active des femmes au processus de paix. Nous voulions également sensibiliser et informer le public français ainsi que les leaders d’opinion aux défis auxquels la société afghane et notamment les femmes sont encore confrontées.

EA : Comment avez-vous sélectionné les 15 participantes ?

T. Robiolle : La position des femmes afghanes est encore faible et les acquis des dernières années sont en danger. Toutes les excuses sont bonnes pour discréditer la légitimité des femmes. Il fallait donc que le choix des participantes ne puisse pas prêter à débat. Il s’agissait d’une part de trouver des profils susceptibles d’exercer une influence significative à différents niveaux du pays, d’autre part de parvenir à un équilibre en termes d’origines géographiques et ethniques, de générations, d’activités et d’appartenances politiques. Nous avons sollicité l’avis confidentiel de personnalités afghanes diverses, qui nous ont aidés à identifier des femmes politiques (sénatrice, députées, ancienne ministre et candidate à la vice-présidence du pays, membre du Haut Conseil de la Paix…) mais aussi des membres de la société civile (activistes, avocate, journaliste, responsables d’ONG, médecin…).

EA : Quel programme ont-elles suivi ?

T. Robiolle : Nous avons d’abord organisé un séminaire de 4 jours sur le campus de l’ESSEC à Cergy. Objectif : renforcer l’influence et l’impact des participantes, d’une part en renforçant leurs capacités de négociation et leadership, d’autre part en les aidant à développer des plans d’actions. Ce séminaire a offert un cadre pour élaborer des stratégies portant d’une part sur la contribution des femmes à la transition vers une paix durable, d’autre part sur l’intégration de la perspective du genre dans la transition. 

EA : Et ensuite ?

T. Robiolle : Le séminaire s’est conclu avec une conférence des Mardis de l’ESSEC, introduite par le directeur général du Groupe ESSEC Vincenzo Vinzi et l’ambassadeur de France à Kaboul David Martinon, qui a réuni autour de notre délégation deux experts de haut niveau : Staffan de Mistura, ancien envoyé spécial de l’ONU en Afghanistan, en Syrie et en Irak, et Omar Samad, ancien ambassadeur d’Afghanistan en France et au Canada.

EA : Le programme s’est-il prolongé hors de l’ESSEC ? 

T. Robiolle : Une journée de travail a également été organisée à l’Assemblée Nationale avec les députés et clôturée par une seconde conférence publique. Le dernier jour a été consacré à des rencontres avec les médias ainsi qu’à des réunions de haut niveau au Sénat et au Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.

EA : Quel tableau les participantes ont-elles dressé de la condition des femmes en Afghanistan ?

T. Robiolle : Leur message le plus fort concernait les négociations en cours avec les talibans et le retrait futur des Américains. Elles ont dénoncé un processus « précipité et sans stratégie au niveau de l’État » et alerté la communauté internationale sur les risques pour les Afghans, pour la région et pour le monde. Elles n’en sont pas moins convaincues que le jour viendra où leur pays jouira d’une paix durable et où le peuple afghan sera autonome. 

EA : Quelles suites à ce programme ?

T. Robiolle : Nous souhaitons mettre en place un suivi régulier du groupe, notamment pour faire le point sur la mise en œuvre des plans d’actions élaborés lors du séminaire, mais aussi pour renforcer les liens et la coopération entre les participantes. Nous réfléchissons en outre à étendre le programme à un plus grand nombre de femmes. 

D’ici là, trois participantes nous ont déjà indiqué avoir appliqué avec succès les acquis obtenus à l’ESSEC lors de la première rencontre inter afghane à Doha. Autre suite concrète au programme : la diffusion d’une lettre de soutien à la participation des femmes afghanes dans le processus de paix. Rédigée par Frédérique Dumas et Aurélien Pradié, responsables du groupe d’amitié France-Afghanistan à l’Assemblée Nationale, elle a recueilli la signature de 75 élus de l’Assemblée Nationale et du Sénat et a été adressée à Emmanuel Macron.


Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E10), responsable des contenus ESSEC Alumni

Paru dans Reflets #129. Pour accéder à l’intégralité des contenus du magazine Reflets ESSEC, cliquer ici.

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