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Jérôme Schatzman (E94), directeur d’Antropia : « Depuis 10 ans, l’ESSEC est pionnière dans l’accompagnement des entrepreneurs sociaux »

Actus de l'école

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19/03/2019

Antropia ESSEC, premier accélérateur d’entreprises sociales de France porté par une école de commerce, fête ses 10 ans. L’occasion de dresser le bilan et de réfléchir à l’avenir avec son directeur Jérôme Schatzman (E94).

ESSEC Alumni : Comment Antropia ESSEC a-t-il vu le jour ?

Jérôme Schatzman : Antropia ESSEC a d’abord été pensé comme un outil au sein de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat social. Nous constations un besoin croissant d’accompagnement des jeunes entrepreneurs sociaux, et puisque nous voulions maximiser notre impact, nous avons décidé de créer une offre dédiée, dans la droite lignée de notre mission : « renforcer la capacité à agir ».

EA : Quelles ont été les principales évolutions d’Antropia ESSEC depuis son lancement ?

J. Schatzman : Nous avons adopté une approche très « lean », en tirant les leçons des premiers accompagnements sur mesure que nous avons effectués pour formaliser une offre de plus en plus structurée à partir de 2011. Aujourd’hui, celle-ci se décompose en plusieurs programmes : Start Up, pour la phase d’amorçage, du projet à l’entreprise ; Scale Up, pour le changement d’échelle après au moins 3 ans d’existence, avec la volonté de multiplier l’impact par 10 ; Shake Up, pour l’émergence, de l’idée au projet ; et notre petit dernier, Size Up, dédié à la mesure d’impact et à la gestion des données. Sans oublier notre participation à l’organisation de la Global Social Venture Competition (GSVC), aux côtés de Berkeley, qui s’adresse aux étudiants et jeunes diplômés porteurs de projets d’entrepreneuriat social.

EA : Le milieu de l’entrepreneuriat social a-t-il changé depuis les débuts d’Antropia ESSEC ?

J. Schatzman : En 2008, nous étions parmi les pionniers de l’accompagnement d’entrepreneurs sociaux. L’écosystème s’est énormément densifié depuis : développement des fonds d’impact investing, vote de la loi relative à l’économie sociale et solidaire de 2014 créant le statut d’entreprise d’utilité sociale, multiplication des offres d’accompagnement, création du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), implication croissante des entreprises et des collectivités, lancement de la bannière « French Impact » par le gouvernement l’année dernière… Il y a 10 ans, on comptait plus de projets que de financements ou d’aides disponibles. Aujourd’hui, j’ai l’impression que la tendance s’est inversée – et que l’exigence s’est aussi accrue, notamment sur la viabilité économique des projets, ce qui est pour le mieux.

EA : Quels sont les enjeux aujourd'hui pour l'entrepreneuriat social ?

J. Schatzman : Il ne s'agit plus de montrer qu’on peut faire autrement, mais de valoriser l’impact des actions engagées, pour passer à une dimension encore plus significative et universaliser les solutions qu’apportent les entrepreneurs sociaux. Les prochaines frontières à franchir, ce sont le « zéro SDF », le « zéro décrochage » ou encore le « zéro chômeurs ».

EA : Quel bilan peut-on dresser des projets accompagnés par Antropia ESSEC ?

J. Schatzman : En 10 ans, nous avons accompagné 210 projets, dont quelques pépites de l’entrepreneuriat social. 75 % restent aujourd’hui en activité, ce qui est un taux exceptionnel. Et plus de 3000 emplois ont été créés, ce qui est à la fois beaucoup et pas assez !
Nous avons accumulé une véritable expérience de l’accompagnement, et nous nous efforçons de capitaliser sur ces acquis pour continuer de jouer un rôle pionnier. Ainsi, pour la première fois cette année, nous accueillons une start-up publique, portée au sein des services du Conseil départemental du Val d’Oise, et nous exportons nos programmes au Maroc.

EA : Quels projets accompagnés par Antropia ESSEC vous ont-ils particulièrement marqué ? 

J. Schatzman : Tous les projets que nous accompagnons sont enthousiasmants ! Citons entre autres, parmi les belles réussites : Phénix, fondée par Jean Moreau (E08), qui a révolutionné la lutte contre le gaspillage alimentaire en offrant un service adapté aux distributeurs ; Rejoué, qui donne une seconde vie aux jouets en les collectant, les triant, les réparant le cas échéant, et les revendant ; Activ Action, qui propose des ateliers de mobilisation aux demandeurs d’emplois et fait du chômage une opportunité positive ; ou encore Vigne de Cocagne, créée par Pauline Chatin (E12), entreprise d’insertion viticole qui commercialisera sa première cuvée en 2019. Mais il y en a beaucoup d’autres : Ça commence par moi sur l’engagement écologique, les Talents d’Alphonse sur l’activité des seniors, Alenvi sur l’aide à domicile, Recyclivre, Voisins Malins, le Refugee Food Festival… 

 

Image - 2019 03 19 - Jérôme Schatzman 10 ans Antropia 3.jpg

 

EA : Quelles sont les perspectives d’Antropia ESSEC pour les années à venir ?

J. Schatzman : Au-delà de pérenniser notre modèle économique (nous sommes nous aussi une start-up !), nous avons 4 projets majeurs.
Premièrement, renforcer la représentation des entrepreneures sociales, car si nous avons bien 50 % de femmes dans nos programmes d’émergence, elles ne sont plus que 25 % dans ceux de changement d’échelle ; nous voulons rétablir une parité.
Deuxièmement, développer une offre d’accompagnement pour les associations en forte croissance, car le monde associatif observe lui aussi des évolutions rapides – des normes qui se multiplient, des fusions, la constitution de grands groupes, la digitalisation.
Troisièmement, faciliter l’engagement des étudiants du groupe ESSEC autour de nos projets : nous voulons que chaque étudiant ait eu l’occasion de travailler aux côtés d’un entrepreneur social au cours de sa formation, que ce soit dans le cadre d’un stage, d’un projet pédagogique ou d’une mission rémunérée.
Quatrièmement, prouver que nous générons bel et bien de l’impact social et environnemental positif, grâce aux travaux de notre nouveau laboratoire dédié à l’Évaluation et à la Mesure d’Impact Social (EMIS).

EA : Avez-vous vocation à vous développer à l’international ?

J. Schatzman : Nous menons déjà plusieurs activités en ce sens. C’est la douzième fois cette année que nous co-organisons la Global Social Venture Competition. Ce concours nous permet de détecter et d’accompagner des projets européens et africains, et de les emmener tenter leur chance lors de la finale mondiale à Berkeley. Nous comptons le faire grandir à l’avenir, pour toucher davantage de pays des deux continents.
Parallèlement, nous avons lancé cette année Antropia@Rabat, avec une première édition de notre programme Shake Up. Notre ambition est d’également proposer notre programme Scale Up au Maroc d’ici 2020.

EA : Concrètement, quels sont les liens et synergies entre Antropia ESSEC et l’école ?

J. Schatzman : Ils sont nombreux ! Des professeurs de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social animent des sessions de formation à destination des Antropiens, et des étudiants effectuent des travaux pour leur compte, dans le cadre de leurs cours ou à l’occasion de missions spécifiques. Les équipes permanentes de l’école peuvent également apporter leur soutien.

EA : Les promotions d’Antropia ESSEC comptent-elles beaucoup d’alumni ?

J. Schatzman : Nous tenons à demeurer ouvert à tous les profils, sans condition de diplôme, d’âge ou d’expérience. Ce qui ne nous empêche pas d’intégrer chaque année un ou deux alumni en moyenne.

EA : Comment les alumni peuvent-ils s’impliquer dans vos activités ?

J. Schatzman : Ceux qui sont entrepreneurs eux-mêmes peuvent devenir nos « accompagnateurs stratégiques » et suivre un de nos projets pendant un an, comme le font déjà Olivier Chanut (E93), relanceur de Cap Adrénaline et trésorier d’Unis-Cités ; Emmanuel de Courcel (E95), fondateur de Retail Int. ; Daniel Joutard (E97), fondateur d’Aïny ; Julien Bello (E93), directeur exécutif d’Antenna France ; Kevin André  (E00), fondateur de Kawaa, co-président de Démocratie ouverte et professeur à l’ESSEC ; Gaëtan Baudry (E08), fondateur de Legal'Easy ; Emmanuelle Touilloux (E10), directrice de Marguerite ; et Estelle Barthelemy, actuellement participante à l’ESSEC Executive MBA. Nous recherchons en outre des « experts métiers » pour animer des sessions de formation ou donner des conseils ponctuels aux entrepreneurs.
Les alumni peuvent aussi nous aider à mettre en place des partenariats entre Antropia ESSEC et leur organisation, afin de promouvoir l’engagement, l’open innovation ou la responsabilité sociale auprès de leurs collaborateurs. Les plus motivés peuvent même nous soutenir financièrement.
Réciproquement, nous sommes ravis d'accompagner des alumni entrepreneurs sociaux. Notre appel à candidatures 2019 est ouvert jusqu'au 22 avril : n'hésitez pas à postuler !

 

En savoir plus :

www.antropia-essec.fr

 



Illustration : Jérôme Schatzman (E94)

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