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Mardis de l’ESSEC : Geoffroy Roux de Bézieux (E84), président du MEDEF

Mardis de l'ESSEC

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17 juin 2019

Le 27 mars 2019, les Mardis de l’ESSEC ont reçu Geoffroy Roux de Bézieux (E84), président du MEDEF. L’occasion pour lui de tirer le bilan d’un an de mandat – et de revendiquer le rôle de porte-parole des entrepreneurs français.

Lui-même entrepreneur, Geoffroy Roux de Bézieux milite sans surprise pour une baisse de la fiscalité afin de soutenir l’investissement et l’innovation. « Tout le monde veut moins d’impôts. » Et à ceux qui lui disent que ce type de mesures profite surtout aux grands groupes, il rétorque, chiffres de l’INSEE à l’appui, que les petites entreprises ne paient pas plus d’impôts que les autres, et dénonce une « culture du ressentiment » empêchant de se donner les moyens de s’imposer dans le jeu de la mondialisation.

Car selon Geoffroy Roux de Bézieux, la France a du souci à se faire face à la concurrence croisée des GAFA et de la Chine, qui prennent l’Europe en étau. C’est d’ailleurs à cette échelle, plus qu’à celle du pays, qu’il faut agir selon le président du MEDEF : « La réponse de l’Europe, c’est celle de la souveraineté. À un moment, il faut mettre en place une réciprocité. Le libre-échange, ce n’est pas la jungle. » Geoffroy Roux de Bézieux plaide ainsi pour que l’Union Européenne mette en place de « vrais modèles de rupture », en adoptant une politique industrielle et une politique de financement communes à tous ses membres. Une aspiration qui paraît particulièrement ambitieuse, à l’heure où la France peine à parvenir au consensus ne serait-ce qu’au seul niveau national…

L’entreprise face à la crise

Geoffroy Roux de Bézieux regrette l’instabilité causée par la crise des gilets jaunes, mais n’est pas sourd au malaise qu’elle traduit. Il reconnaît que l’ascenseur social est bloqué : « la France est le pays de l’OCDE où la mobilité sociale est la plus faible ». Et constate qu’en conséquence, « les Français se disent que tout est joué d’avance, quels que soient les efforts que fourniront leurs enfants ». Comment sortir de l’ornière ? Sur le court terme, Geoffroy Roux de Bézieux se dit favorable à la reconduction de la « prime Macron ». Et sur le long terme, s’il n’est pas favorable au revenu universel, il trouve intéressante l’idée d’un « capital départ » qui pourrait être prêté sans intérêts à tout citoyen cherchant à financer des études, un projet d’entrepreneuriat ou un achat immobilier. Il assume en outre la part de responsabilité des syndicats – MEDEF inclus – dans la situation actuelle, et se montre prêt à l’examen de conscience. Mais ses mots les plus durs vont surtout à la CGT, qu’il considère comme « ancrée dans le XXème siècle ».

Une chose est sûre à ses yeux : l’entreprise a un rôle central à jouer dans la lutte contre les inégalités – et plus largement dans la construction d’une société plus juste et plus responsable. « Ce sont les patrons qui changent le monde, pas l’État. » D’où son choix de créer COMEX -40, qui rassemble 49 patrons de moins de 40 ans, dont 25 femmes, pour réfléchir à des thématiques RSE. Une manière aussi de se tourner vers les nouvelles générations et de prendre acte de « l’initiative récente d’étudiants de grandes écoles annonçant qu’ils refuseraient de travailler pour une entreprise qui ne se préoccupe pas du climat ». Le MEDEF se mettrait-il au vert ? À suivre !

 

Retrouvez l’intégralité du débat en vidéo.

 



Illustration : © Noir sur Blanc

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