« Quand vous avez besoin d'aide, 80 000 personnes peuvent potentiellement vous répondre »
Le 29 septembre, les 900 étudiants du Master in Management étaient réunis sur le campus de Cergy pour une journée « Master your network with ESSEC Alumni ». Face à eux, sept diplômés aux trajectoires singulières, réunis en deux tables rondes animées par Marie-Pierre Schickel (E95), directrice générale d'ESSEC Alumni. Ils ont adressé un message à l’ensemble des étudiants : le réseau est une force et il n’est jamais trop tôt pour le développer.
C’est ce qu’a notamment expliqué Arnaud Gangloff (E92), président de Kea & Partners :« Quand vous avez besoin d'aide, 80 000 personnes peuvent potentiellement vous répondre. » Mentor au sein d’EWA Boost, il estime que le réseau est l’une des grandes forces de l’école.
À condition de bien faire les choses, comme l’explique François Dancoisne (E05), Senior Product Marketing Manager chez Meta. « Un réseau ne s'active pas le jour où l'on cherche un emploi. Il se cultive dans la durée ». Il faut donc entretenir et soigner son réseau, y compris au moment des départs.
Un réseau s’entretient et se soigne, y compris au moment des départs. Philippe de Martel (E00), Head of Fund Management chez BNP Paribas Asset Management, a quitté le groupe en 2007 pour y revenir en 2025. Il en tire une règle simple : « Soignez vos départs : on ne sait jamais qui l'on recroisera. »
La plupart des intervenants racontent avoir, un jour ou un autre, ouvert une porte grâce au réseau. Les chiffres en témoignent : selon Hervé Bommelaer (E78), auteur de Trouver le bon job grâce au(x) réseau(x), 70 % des emplois sont pourvus par ce biais.
Jennie Wang (E17), Global Talent Acquisition chez Louis Vuitton, trouve des alumni partout où elle se rend en Asie. À Paris, des ESSEC se sont portés garants pour elle lorsqu'elle a dû louer un appartement. « Tout le monde ne répondra pas, mais il faut oser demander, car beaucoup vous aideront. »
L'annuaire et le Stabilo
Si l’accès au réseau est aujourd’hui largement facilité par la technologie, en 1995, pas de LinkedIn. Au sortir de l’école, Natacha Hochet-Raab (E95), aujourd’hui Managing Director EMEA, US & Japan de la maison de joaillerie Fred (LVMH), commence sa recherche d’emploi par l’annuaire ESSEC. Elle surligne au Stabilo le nom de toutes celles et de tous ceux qui pourraient potentiellement l'aider. Elle leur écrit. L'un d'eux, dirigeant financier du groupe LVMH, lui parle d'une jeune société dont personne ne connaît encore le nom : Sephora. Trois jours plus tard, elle y passe un entretien. « Sans l'annuaire des anciens, je ne serais pas là où je suis aujourd'hui », résume-t-elle. Depuis, un message d'un étudiant ESSEC passe chez elle en haut de la pile.
Même réflexe chez David Hansen (E99), Partner chez Supernova Invest, qui répond systématiquement oui aux sollicitations d'étudiants, même spontanées. Son conseil : préparer ses questions et faire de ces échanges une priorité. « Il n'est jamais trop tôt pour activer le réseau. »
L'art du pas de côté
Au cours des deux tables rondes, les alumni se sont remémorés leurs premières années de vie professionnelle. À la sortie de l'école, rares étaient ceux qui savaient exactement où ils allaient. David Hansen se voyait directeur financier, puis directeur général d'une entreprise industrielle. Il a finalement choisi d'accompagner de jeunes entreprises dans le capital-risque. Philippe de Martel, lui, a démarré sa carrière avec la chute d'Arthur Andersen et l'éclatement de la bulle internet, avant de choisir l’immobilier.
Ce sont finalement les rencontres et les expériences qui leur ont donné à voir d’autres possibles. Ankita Soni (E21) est passée de l'informatique à la finance, puis au conseil en stratégie. Elle vient d'être nommée Project Manager chez Roland Berger, où elle s'est spécialisée dans le secteur de l'eau. « Essayer, même sans être sûre de moi, m'a fait découvrir des centres d'intérêt insoupçonnés », explique-t-elle.
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