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Compte-rendu de l'évènement du 10 mars 2026 : Dans les coulisses de l'Orient Express

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Travel

20/03/2026

Orient Express : la renaissance d’un mythe français

Dans l’imaginaire collectif, l’Orient Express appartient aux légendes.
Celles qui traversent le temps, les frontières et les récits. Train des écrivains, des espions et des aristocrates, il évoque un âge d’or du voyage où le luxe ne se mesurait pas seulement en confort, mais en élégance, en lenteur et en attention portée au détail. Aujourd’hui, ce mythe renaît.


Lors d’une rencontre organisée par le Club Tourisme & Management réunissant les alumni de ESCP Business School, HEC Paris et ESSEC Business School, l’architecte Maxime d'Angeac est venu raconter les coulisses d’un projet aussi fou que ambitieux : recréer l’Orient Express pour le XXIᵉ siècle.


Pas comme un décor nostalgique.
Comme un objet total.

Une chasse au trésor digne d’un roman

L’histoire commence presque comme un polar.

En 2015, un chercheur mandaté par Accor tombe sur une vidéo YouTube anonyme : une gare enneigée, un train abandonné.


En recoupant les images avec Google Maps, il localise l’impensable : 17 voitures historiques de l’Orient Express, immobilisées depuis des décennies dans une petite gare à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie.

Deux années de négociations seront nécessaires pour récupérer ces wagons Art déco et les rapatrier en France.


Chaque châssis porte encore son numéro d’origine. Son pedigree.

Mais pour Maxime d'Angeac, il ne s’agissait pas de restaurer un musée roulant.

« Le vrai défi était de recréer un objet vivant », explique-t-il.

Le luxe comme obsession du détail

Dans son studio parisien, l’architecte s’est plongé dans un trésor inattendu : 14 000 fiches produits de l’ancienne Compagnie des Wagons-Lits.

Chaque poignée, chaque verre, chaque lampe y était documentée.

Mais plutôt que de copier le passé, il choisit une autre voie : comprendre l’esprit du train pour mieux le réinventer.


« Je n’aime pas le terme super-luxe. Je préfère parler de chic et d’élégance. »


Dans cet univers, le luxe n’est pas une question d’accumulation.
C’est une question de temps.


Temps passé à prototyper.
À corriger.
À recommencer.

En tout 100 000 d’heure de travail. 

Les maîtres d’art au cœur du projet

Pour donner vie à ce nouvel Orient Express, Maxime d’Angeac s’est entouré d’un cercle très restreint d’artisans et de maisons d’exception.


Certains sont des Maîtres d’art, ces gardiens de savoir-faire rares que l’on compare souvent aux « trésors vivants » japonais.

D’autres sont des institutions du luxe français :

  • Puiforcat

  • Christofle

  • Cartier

  • Maison Lesage

Certains objets frôlent l’obsession.

Des panneaux décoratifs en bois brodés de 35 000 perles.

Des couverts spécialement dessinés pour le train.
Des pendulettes Cartier qui donnent l’heure… mais sans réveil.

« Dans un train, personne n’a besoin d’être réveillé », sourit l’architecte.

Un projet de luxe… mais surtout industriel

Derrière le raffinement, la réalité est autrement plus rugueuse.

Construire un train et un navire de luxe aujourd’hui implique de composer avec des normes techniques drastiques. Dans les chantiers navals, certains matériaux ont dû être entièrement requalifiés : bois vernis, mousses, parquets. Même les salles de bains ont suscité des débats.

« Les chantiers navals avaient l’habitude d’installer du plastique. Nous voulions du marbre. »

Un bras de fer s’engage. Il sera tranché par Sébastien Bazin, dirigeant du groupe Accor et initiateur du projet. La règle est claire : pas de compromis.

De la voie ferrée à l’océan

L’aventure ne s’arrête pas au rail.

Elle se poursuit en mer avec la création de l’Orient Express Silenseas, un navire spectaculaire inspiré par les grands paquebots français du XXᵉ siècle.


220 mètres de long.
110 passagers.
54 suites.

Mais surtout : 190 membres d’équipage. Un ratio inédit.


Le navire sera équipé de voiles rigides géantes — 4 500 m² — pour réduire son impact environnemental.

Une façon d’allier patrimoine et innovation.

Le luxe comme expérience du temps

À bord, certains choix surprennent.

Les restaurants et le spa seront sans téléphone.
Les cuisines ont été agrandies pour permettre au chef Yannick Alléno de déployer toute sa créativité.


L’objectif n’est pas seulement de transporter des passagers.

C’est de recréer une expérience.

Une pause.

Un voyage où le temps ralentit.

Une fierté française

Au-delà du luxe, ce projet porte aussi une ambition culturelle.

Près de 98 % de la fabrication du train est réalisée en France.
Les artisans mobilisés viennent de toute la France.

Pour Maxime d’Angeac, l’Orient Express doit devenir une vitrine vivante des savoir-faire français.

Un objet unique.
Un manifeste.

Le rêve continue

Le premier navire devrait prendre la mer en avril 2026. 
Le second en 2027.

Le train est prévu fin 2026. 

Quant à l’architecte, il regarde déjà ailleurs.

Son rêve ?
Concevoir un jour une maison prototype unique pour un client.

Un projet total, encore.

À l’image de l’Orient Express : un voyage où l’architecture, l’artisanat et l’imaginaire se rencontrent pour créer quelque chose de rare.

Et profondément français.


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