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Antoine Barré (E12), co-fondateur de Krank Club : « Le sport n’échappe pas aux bouleversements technologiques »

Interviews

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15/11/2019

Antoine Barré (E12) s’apprête à lancer une levée de fonds pour son appli Krank Club, qui vous aide à organiser ou rejoindre des sessions de sport entre amis. Un concept simple… qui répond à des besoins énormes.  

ESSEC Alumni : Comment fonctionne Krank Club ? 

A. Barré : Krank Club vous permet de créer et rejoindre des groupes de sportifs ; de proposer des sessions de sport via un système automatisé d’invitation et de gestion des réponses ; et de rejoindre des sessions organisées dans vos groupes ou autour de vous. Résultat : c'est plus simple que WhatsApp pour organiser une session de sport avec vos amis, et c’est plus efficace que MeetUp pour rejoindre une session de sport autour de vous. Aujourd’hui, plus de 30 000 heures de sport sont pratiquées chaque mois grâce à Krank Club – un chiffre en croissance de 15 % par mois.

EA : À quel besoin du marché du sport ce concept répond-il ?

A. Barré : Aujourd’hui, 84 % des Français aimeraient pratiquer une activité sportive plus souvent (Enquête Ipsos décembre 2018). Mais cette soif de sport se combine à une exigence : avoir moins de contraintes. Je m’explique. Jusqu’à l’âge de 20 ans, les sportifs sont pris en charge par les fédérations. Au-delà en revanche, les impératifs de la vie active et de la vie de famille rendent de plus en plus compliquée la participation aux entraînements de la semaine et aux compétitions du week-end. Pourtant l’envie de pratiquer est toujours là. Et le pouvoir d’achat, lui, augmente. D’où la multiplication depuis quelques années des business promettant de faciliter la pratique sportive des plus de 20 ans.

EA : Certaines disciplines sportives sont-elles plus concernées que d’autres par cette tendance ?

A. Barré : Le jogging a été parmi les premiers sports impactés, car c’est le plus accessible de tous – mais pas le plus fun. Des apps en ont donc amélioré l’expérience : elles l’ont gamifié, sociabilisé, et ça a donné le running, dont le nombre de pratiquants a été multiplié par 5 depuis 2000. 

EA : Puis d'autres ont suivi…

A. Barré : En premier lieu le fitness : des salles de sport ont fleuri dans toutes les grandes villes du monde, et aujourd’hui, des startups comme Trainme démocratisent l’accès aux coachs sportifs. Côté sports collectifs, les terrains peuvent désormais être réservés et loués à l’heure grâce à des chaînes comme Le Five qui s’exportent jusqu’aux États-Unis.

EA : Comment Krank Cub s’inscrit-il dans cette tendance ?

A. Barré : Krank Club a pour ambition de pallier l’absence des clubs dans la vie sportive des plus de 20 ans. Car le club avait tout de même un avantage de taille : il rassemblait les sportifs et organisait leurs rencontres. Sans lui, si vous voulez faire un foot, vous pouvez réserver un terrain grâce au Five, mais vous allez aussi devoir rassembler des joueurs. Or avant Krank Club, aucune solution ne vous aidait à développer votre groupe de partenaires sportifs et à les rassembler sur un terrain.

EA : La tech, c’est l’avenir du sport ?

A. Barré : Le sport n’échappe pas aux bouleversements technologiques de ces dernières décennies et la France s’en est rendue compte très tôt. Le Tremplin est un excellent exemple : basé à Paris, cet incubateur était le premier au monde dédié aux startups du sport. Et aujourd’hui, ce sont les startups elles-mêmes qui s’organisent, avec la création de la SporTech qui porte d’une même voix les réflexions et les avancées d’une cinquantaine d’acteurs français du secteur comme Sport Heroes, SportEasy, Trainme, Mon Petit Gazon ou Krank Club. 

EA : Quel est l'objectif de la SporTech ?

A. Barré : Faire comprendre que le marché du sport n’est pas à prendre à la légère : les ménages français dépensent 17 milliards € par an pour faire du sport, dont 6 milliards € rien que dans les services sportifs !

EA : Vous vous apprêtez à lancer une levée de fonds. Quel type de partenaire recherchez-vous ? 

A. Barré : Si vous interrogez Antoine Martin (E05), co-fondateur de Zenly, il vous dira qu’il n’aurait pas pu revendre son app à Snapchat pour 300 millions de dollars sans l’aide de Jean de la Rochebrochard, manager de Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel, qui a cru en eux très tôt. C’est cela que nous recherchons : des investisseurs avec un bon réseau et une profonde connaissance des mécanismes de notre business, qui partagent notre vision du marché du sport amateur.

EA : Quelle stratégie cette levée de fonds servira-t-elle ? 

A. Barré : Aujourd’hui, 90 % de notre activité se fait dans le football, mais nous avons la conviction que le besoin auquel répond Krank Club est présent dans tous les sports, jusque dans les sports individuels que nous préférons bien souvent pratiquer à plusieurs. C’est ce que notre levée de fonds va nous permettre de valider, en plus d’accélérer notre croissance dans le football.


Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E10), responsable des contenus ESSEC Alumni

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