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Benoît Auzou (E99), mentaliste : « La magie peut s’avérer très utile pour les managers »

Interviews

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19/08/2018

À priori, rien ne prédestinait Benoît Auzou (E99) à devenir mentaliste. Mais ne vous fiez pas aux apparences : le management peut tout à fait mener à la magie – et inversement. En passant certes par quelques tours et détours…

« Ma vie a été une succession de hasards. » Au début pourtant, Benoît Auzou semble suivre la voie toute tracée des diplômés d’école de commerce : il intègre d’abord le département communication de 3M, puis le département marketing de Renault Roumanie. Parallèlement, il fait du bénévolat pour l’association Hors la rue, qui apporte son aide aux mineurs isolés étrangers en danger. Il est loin de se douter que cet engagement va déboucher sur le premier virage majeur de son parcours. « À l’origine, il s’agissait d’une petite structure. Jusqu’au jour où Vinci les a sollicités pour s’occuper des petits Roumains qui vandalisaient leurs parcmètres à Paris. Du coup, l’équipe a soudain eu les moyens nécessaires pour se professionnaliser, s’étoffer. C’est là qu’ils m’ont proposé de prendre le poste de directeur administratif et financier, puis de directeur général. » Il n’a alors que 26 ans, et se retrouve à la tête d’une douzaine de salariés, dont une bonne partie plus âgés que lui. « Ça m’a fait grandir d’un coup. J’avais un travail de cadre jusque là, pas de manager. J’ai dû me former sur le tas – et à la dure, car il a fallu procéder à des licenciements, réorganiser la structure, diversifier les financements. Heureusement, le conseil d’administration m’a beaucoup soutenu. »

Changement de décor

Au bout de 5 ans, Benoît Auzou sent qu’il commence à tourner en rond. « C’est un milieu où on peut devenir blasé. On traite toujours les mêmes problématiques, aussi passionnantes soient-elles. Il était temps de recharger les batteries. » C’est précisément le moment que choisissent deux de ses amis, Kamal Dadi et Mehdi Lisi (E99), pour lui proposer de développer avec eux Art Park, société de production. « Encore un heureux hasard ! Ceci étant, ça ne sortait pas de nulle part. Je me suis toujours intéressé au milieu artistique et culturel. À l’ESSEC, j’ai joué dans de nombreuses pièces de théâtre, comme Le Songe d’une nuit d’été pendant deux ans, que j’ai mis en scène avec la troupe de Comedia. » Cette fois, Benoît Auzou passe à la vidéo. « Pendant que mes associés concentraient leurs efforts sur un projet de comédie musicale, je me chargeais de contacter des entreprises pour leur proposer de nous confier la réalisation de leurs films institutionnels. Une activité dont je continue de m’occuper aujourd’hui. J’y ai pris goût – et la demande est forte, notamment de la part du réseau ESSEC ! » Pour autant, Art Park reste une TPE. « Nous ne visons pas la croissance à tout prix. Car nous voulons chacun garder du temps pour d’autres activités en parallèle. » Ainsi, depuis quelques années, Benoît Auzou a le champ de se consacrer à une nouvelle aventure : la magie. 

Saut dans l’inconnu

Comme point de départ, un nouveau hasard : « J’ai rencontré un mentaliste, Giorgio, qui m’a pris sous son aile. C’est la meilleure manière d’entrer dans la magie. Il n’y a pas d’école ; on apprend en autodidacte, en s’entraînant avec des pairs et en s’aidant de manuels. » De fil en aiguille, Benoît Auzou se spécialise dans la même discipline que son mentor. « Le mentalisme occupe une place à part dans la magie. C’est une pratique qui fait parfois peur, car elle consiste à donner l’illusion que vous lisez dans les pensées de votre interlocuteur ; du coup, certains l’assimilent à de l’occultisme ou à du medium. En réalité, il s’agit simplement de deviner ce que l’autre a en tête, ou de l’influencer, en utilisant diverses méthodes empruntées à la psychologie, à la mnémotechnie, à la graphologie, au contact musculaire, à l’hypnose, à l’illusionnisme ou encore à la programmation neurolinguistique. » Le résultat n’en reste pas moins impressionnant : Benoît Auzou peut anticiper l’ordre dans lequel vous choisirez de classer des cartes, trouver votre chiffre préféré, votre code PIN, le prénom d’un ami auquel vous pensez ou un mot que vous avez choisi au hasard dans un livre, apparemment par la seule force de la déduction. « L’impact sur le spectateur est très fort. D’autant que je puise aussi dans mon expérience de comédien pour ajouter à mes effets autant que pour détourner l’attention. Un tour de magie, c’est aussi une histoire et une mise en scène. »

L’école de la magie

Benoît Auzou n’imagine pas tout de suite en faire un métier. Mais à mesure qu’il se perfectionne, il se professionnalise. « On m’a d’abord demandé de faire des spectacles chez des particuliers. Puis d’animer des événements d’entreprise. Et, plus récemment, d’intervenir lors de formations et de séminaires, pour illustrer des thèmes comme la prise de risque, la gestion du stress, la force de conviction, ou même la mémoire des noms. » Il a notamment introduit des ateliers sur la confiance, l’expertise et la projection chez Kea Partners, cabinet de conseil dirigé par Arnaud Gangloff (E92). « On me fait d’autant plus confiance que je viens du même monde. Je parle la même langue que mes clients, je connais le contexte dans lequel ils évoluent, je comprends leurs besoins et leurs contraintes. »

Du coup, il envisage de proposer une offre de coaching à part entière. « La magie et le mentalisme reposent sur des techniques qui peuvent s’avérer très utiles pour certaines professions. Décupler sa capacité d’observation, développer son intelligence émotionnelle, décrypter le langage corporel, déchiffrer les mécanismes de décision propres à chacun – je connais beaucoup de recruteurs, de commerciaux et de communicants qui seraient preneurs ! »

 

Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E11), responsable des contenus ESSEC Alumni

 

C’est les vacances ! L’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, et de se replonger dans les archives de Reflets ESSEC Magazine. Cet article a été initialement publié début 2018, dans le n°122. Pour accéder à l’intégralité des contenus de Reflets ESSEC Magazine, cliquer ici.

 

En savoir plus :

www.magicien-mentaliste.com

 

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