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Boris Haguenauer (E98) : Le pro de la psycho corpo

Interviews

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02/04/2019

Dans Reflets #127, Boris Haguenauer (E98) raconte les différents rôles qu’il a endossés au fil de son parcours : banquier d’affaires, thérapeute, coach… et même acteur d’une série à succès ! On vous met son portrait en accès libre… abonnez-vous pour lire le reste du numéro !

À sa sortie de l’ESSEC, Boris Haguenauer semble s’engager sur une voie toute tracée en intégrant la banque d’affaires britannique Schroders, au sein de l’équipe chargée d’accompagner la direction du Crédit Lyonnais durant sa privatisation. « J’ai adoré vivre de l’intérieur une aventure aussi importante dans le paysage économique français. Mais j’ai aussi trouvé les conditions de travail difficiles. Les horaires, les relations entre les personnes, la longueur du chemin pour atteindre un poste où s’épanouir intellectuellement… »

Le temps des questions

Boris Haguenauer finit par entamer une thérapie pour réfléchir à ses choix professionnels. « Au fil des séances, j’ai senti – le mot est important, il y avait une part de viscéral dans cette décision – que je devais me rapprocher d’une activité qui me permettrait d’accéder à plus d’humanité, à plus de diversité et à plus de sens. » Il se rend compte que le métier de thérapeute coche toutes les cases. « On rencontre des interlocuteurs de tous les horizons. On donne sa pleine importance à la singularité, au parcours et à la personnalité de chacun. Et on fait une différence, on aide les patients à révéler leur plein potentiel, à se transformer, à être heureux. »

Boris Haguenauer a trouvé sa vocation. Il démissionne et reprend des études, cette fois en psychologie à l’université, puis en sociologie et anthropologie à l’ENS. Et se met à son compte dès qu’il obtient son nouveau diplôme. « Car je tenais aussi à gagner en autonomie. »

Ouverture des séances

La patientèle de Boris Haguenauer, francophone ou anglophone, se développe rapidement. « Ma pratique s’inspire beaucoup de la psychanalyse, qui offre une bonne grille de lecture pour expliquer un grand nombre de difficultés. Mais je m’intéresse aussi à l’hypnose, notamment pour la gestion du stress, et à de nombreuses autres méthodes. Je ne me revendique pas de telle ou telle discipline, je n’applique pas de techniques immuables. Je me repose plutôt sur des postures, des types d’écoute, des manières d’être à l’autre. »

Une approche qu’il propose également… sur le campus de l’ESSEC, où il assure des permanences. « C’est un service dont j’ai eu l’idée, auquel j’aurais aimé avoir moi-même accès pendant mon cursus. Il s’agit d’une période tellement propice aux questionnements, aux doutes… Et de fait, la demande est là. Je reçois depuis 10 ans des étudiants et participants de tous programmes. »

Du divan au consultant

Si Boris Haguenauer s’épanouit dans son cabinet, il cherche aussi à explorer d’autres environnements. « J’ai toujours eu un tempérament de grand curieux. Faire des consultations à temps plein, c’était trop solitaire, trop sédentaire pour moi. » Il se met à intervenir en milieu hospitalier dans toute la France avec une casquette de formateur, « pour transmettre un savoir, en animant des ateliers de gestion de crise aux urgences ou pour des rappels de psychologie en service psychiatrique ».

Ce faisant, il acquiert une expertise en accompagnement des organisations. Et il en vient à créer le cabinet de conseil ResSsources – « le troisième « S », c’est pour solution » – qui mène des missions en entreprise autour de deux axes principaux. Coaching d’une part : « Nous concevons et animons des séminaires de management, accompagnons des comités de direction, aidons des salariés à monter en compétence et des leaders à inspirer et à engager leurs collaborateurs… Objectif : faciliter la conduite du changement et la transformation des organisations en se fondant notamment sur la systémique, qui interroge les liens de causalité entre un dysfonctionnement et l’organisation dans laquelle il émerge. Une approche particulièrement efficace pour surmonter les résistances au changement et gérer les crises. » Soutien psychologique d’autre part : « Nous mettons en place des permanences téléphoniques et sur site dans des moments de réorganisation (fusions-acquisitions, plans sociaux…) susceptibles de déstabiliser les collectifs de travail et d’engendrer du stress en faisant craindre une perte d’emploi ou en exigeant une montée en compétence. Nous co-pilotons finement ces périodes de transition avec les instances du personnel, les RH et les dirigeants. »

Pour développer ResSsources, Boris Haguenauer s’est entouré d’une équipe de coaches et de psychologues cliniciens de confiance qui, comme lui, connaissent le monde du travail. « Certains se sont spécialisés dans ces problématiques au fil de leur carrière, d’autres ont été salariés une partie de leur vie, et quelques-uns ont eu un parcours similaire au mien. » 

Il tient à cette proximité avec l’entreprise. « J’ai toujours eu à cœur de mettre à profit les riches enseignements reçus à l’ESSEC. Avec ResSsources, je combine mes connaissances en management et en psychologie. Mon diplôme est d’ailleurs un gage de crédibilité quand je rencontre des clients corporate… Je partage leurs évidences, je parle leur langage. Sans oublier qu’il vaut mieux avoir de bonnes notions de gestion quand on pilote sa propre structure ! »

Un coach de talent

C’est aussi un autre corpus de compétences que Boris Haguenauer mobilise – qu’il tire d’une expérience plus lointaine, que peu soupçonnent aujourd’hui, mais dont 10 millions de Français ont été les téléspectateurs au début des années 1990. Alors lycéen, il faisait partie du casting de Premiers Baisers, sitcom phare de TF1. « Paradoxalement, je n’ai pas continué dans cette voie précisément à cause du succès de la série. Je n’aurais jamais pu échapper à François, mon personnage de l’époque. Le public m’identifiait trop à lui, les producteurs m’auraient toujours confié le même type de rôle, dans le même type de programme. Or j’ai besoin de changement et de nouveauté, tout le temps. » D’où sa décision de quitter les plateaux de tournage pour les bancs de la prépa. « Mais cette incursion sur les écrans me sert encore aujourd’hui. Quand on se retrouve sous les feux des projecteurs à un aussi jeune âge, on gagne une confiance, une aisance, une maîtrise de l’art oratoire, que l’on conserve toute sa vie. Ce savoir-faire communicationnel s’avère particulièrement précieux lorsque je fais des présentations devant des groupes ou que j’aide des dirigeants à améliorer leurs prises de parole. » Autre lien entre son passé d’acteur et sa profession actuelle : « Dans les deux cas, il s’agit de s’intéresser à la personnalité des gens, à la manière dont ils s’expriment et se construisent. »

Cela étant, Boris Haguenauer repense rarement à cette période. Et en parle encore moins. « Être thérapeute et coach exige de la discrétion. On s’efface le plus possible, pour libérer la parole en face, et pour limiter les projections. Il est important que mes clients et patients n’en sachent pas trop... » Fin de la séance !

 

Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E10), responsable des contenus ESSEC Alumni

Paru dans Reflets #127. Pour accéder à l’intégralité des contenus du magazine Reflets ESSEC, cliquer ici.

 



Illustration : © Delphine Le Moine

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