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François Eygun (E14), directeur de Massajobs : « Nous défendons l’idée selon laquelle personne n’est inemployable »

Interviews

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25/05/2019

François Eygun (E14) organise une soirée de levée de fonds à Paris le 13 juin pour son association Massajobs, qui fait le pont entre les quartiers et les entreprises à Marseille. Il nous explique son projet.

ESSEC Alumni : Comment votre parcours vous a-t-il mené à prendre la direction de Massajobs ?

François Eygun : Pendant mon cursus à l’ESSEC, j’ai passé 10 jours à la Maison Bernadette, qui se met au service de la cité des Lauriers et du quartier de Malpassé à Marseille depuis 20 ans. J’ai ainsi découvert et appris à aimer les quartiers Nord. Alors à la fin de mes études, quand j’ai décidé de m’orienter vers l’économie sociale et solidaire, je me suis à nouveau tourné vers Marseille. Et j’ai rencontré Clémence Nicollet et Aymeric O’Neill, les fondateurs de Massajobs.

EA : Quelle est la mission de Massajobs ?

F. Eygun : Massajobs défend l’idée selon laquelle personne n’est inemployable. Il y a urgence à poser un regard d’espérance sur les personnes dont la dignité est remise en question par le chômage et un marché du travail en pleine transformation. Massajobs crée un espace où reprendre confiance en soi et en autrui pour grandir et s’épanouir grâce au travail.

EA : Quelles actions menez-vous au quotidien ?

F. Eygun : Nous avons trois axes d’intervention. Premièrement, nous assurons une présence, nous accueillons et écoutons les personnes qui viennent nous trouver dans les quartiers où nous sommes enracinés. Deuxièmement, nous accompagnons ces personnes en leur donnant les outils  dont ils ont besoin pour passer à l’action. Troisièmement, nous organisons des rencontres, nous faisons le pont pour accélérer les parcours, recréer du lien, favoriser les réussites, les partager.

EA : Quels résultats avez-vous obtenus jusqu’ici ?

F. Eygun : Le premier résultat, c’est la croissance et le développement de Massajobs, ainsi que la confiance des financeurs et des entreprises, qui constituent pour moi les indicateurs de la qualité du travail accompli. En 2018, nous avons ainsi accompagné 220 personnes et contribué à 112 réussites (emplois et formation). En tout, nous avons réalisé 1500 heures de visites chez les habitants et dans le quartier, engagé 50 entrepreneurs à nos côtés pour accompagner, entraîner et recruter avec nous, et construit un séminaire de connaissance de soi qui en arrive aujourd’hui à sa 40ème édition et qui a déjà accueilli plus de 300 personnes.

EA : Quel est le modèle économique de Massajobs ?

F. Eygun : Nous sommes toujours dans la phase de fondation. Nous devons encore faire des investissements, principalement en capital humain. Pour financer cet effort, nous reposons à 20 % sur des financements publics, à 50 % sur des fondations familiales et privées, et à 25 % sur des donateurs particuliers.
Cependant à terme, notre modèle d’accompagnement pourrait bien nous permettre de nous autofinancer. Nous recevons en effet régulièrement des demandes de formation, de partage voire d’essaimage, qui contribuent déjà à environ 5 % de notre budget global. L’objectif d’ici 2025 serait d’atteindre environ 40 %. Nous pouvons y parvenir de différentes manières – en diffusant notre méthodologie, en créant une communauté de pratique, ou encore en créant un partenariat gagnant-gagnant avec le service public de l’emploi.

EA : Quel impact les dernières mesures du gouvernement relatives au monde associatif ont-elles eu sur vos activités ?

F. Eygun : Comme beaucoup, nous faisons face à une baisse des dons des particuliers du fait probablement du prélèvement à la source. Cela nous pousse à imaginer d’autres manières de nous financer. Nous nous intéressons ainsi aux appels à projets 100 % inclusion qui ont été lancés dans le cadre du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) du Ministère du Travail. La limite étant que nous n’avons pas la taille critique nécessaire pour répondre seuls. Peut être faudrait-il imaginer un guichet pour des tentatives comme la nôtre, qui serait à même de financer quelques années d’expérimentation avant un passage à l’échelle.
Par ailleurs nous avons certes ressenti les effets de la fin des emplois aidés sur les personnes que nous accompagnons – mais les PEC qui les ont remplacés nous semblent plus justes. Reste à voir les modalités concrètes de leur déploiement sur le terrain.

EA : Les actions de Massajobs ont-elles vocation à essaimer dans d’autres villes ?

F. Eygun : C’est la question que nous devrons nous poser dans 1 an quand nous aurons le sentiment d’avoir réellement un modèle à proposer. Je parle de modèle même si nous aurons de toute façon le désir et le devoir de repartir du terrain, de commencer par une phase de rencontre et d’écoute. C’est ainsi qu’est née Massajobs : pas en faisant une étude statistique pour évaluer quels territoires avaient besoin d’aide, mais en étant simplement attentifs aux demandes, aux cris qui nous parvenaient.
Ceci étant, nous nous efforçons déjà de partager notre expérience. Nous recevons beaucoup de personnes curieuses d’en savoir plus et nous formons de nombreuses structures sur leur demande (Le Rocher, PTCE Les Mureaux, Impact Jeunes Lille…).

EA : Comment les ESSEC peuvent-ils soutenir Massajobs ?

F. Eygun : Vous pouvez parler de nous autour de vous pour nous faire connaître et nous aider à grandir. Vous pouvez impliquer votre entreprise dans l’accompagnement et le recrutement des personnes dont nous nous occupons. Et vous pouvez nous soutenir financièrement, en tant que particulier, fondation ou entreprise.

EA : Vous organisez d’ailleurs une soirée de levée de fonds à Paris le 13 juin…

F. Eygun : L’événement du 13 juin s’adresse à tous les alumni qui souhaiteraient s’investir dans un projet qui a du sens. Moi-même, j’ai l’impression aujourd’hui dans mon travail de redonner et transmettre beaucoup de ce que j’ai reçu à l’ESSEC. Avec cette levée de fonds, je donne l’occasion à chacun de mes camarades de faire de même, comme ils le voudront, comme ils le pourront.

 

Vous souhaitez soutenir Massajobs et/ou assister à la soirée de levée de fonds que l’association organise le 13 juin à Paris ? N’hésitez pas à contacter directement François Eygun ! 

 

Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E10), responsable des contenus ESSEC Alumni

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