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Jonathan Ferrebeuf (E08), co-fondateur d’AdinCube : « Je ne me suis jamais demandé si je voulais vendre mon entreprise, mais plutôt quand »

Interviews

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04/09/2017

Après quelques années d’activité, Jonathan Ferrebeuf (E08) a revendu sa start-up AdinCube pour 20 millions $. Il explique à ESSEC Alumni comment on s’y prend pour réussir une opération – et une valorisation – de cette ampleur.

ESSEC Alumni : Que propose AdinCube ?

Jonathan Ferrebeuf : AdinCube permet aux développeurs d'applications mobiles de maximiser leurs revenus publicitaires. Notre solution contient tous les ad networks du marché (Google, Facebook, Amazon, Twitter et beaucoup d'autres), les met en compétition et affiche systématiquement la publicité qui rapporte le plus. Avant, les développeurs avaient l'obligation d'intégrer séparément chaque ad network et devaient définir eux-mêmes des règles de priorisation. Avec AdinCube, ils n'ont plus qu'une seule intégration à réaliser et les optimisations se font automatiquement, via des algorithmes de machine learning. En bref, nous facilitons la vie des développeurs tout en leur apportant plus de revenus. 

EA : Quelles ont été les principales étapes du développement d'AdinCube ?

J. Ferrebeuf : Nous existons depuis 6 ans, mais à l’origine nous proposions d'autres services aux développeurs. C'est en les écoutant que nous avons identifié une opportunité pour notre produit actuel, qui a été le 3ème pivot de notre entreprise, et auquel nous nous consacrons à 100 % depuis 2 ans. La première étape marquante a donc été de nous remettre en question et d'accepter de recentrer l'ensemble de nos efforts sur une nouvelle offre. Bien nous en a pris : nous avons vite connu une très forte croissance et réaliserons un volume d'affaires de plus de 20 millions d'euros en 2017. Aujourd’hui, nous vivons un nouveau tournant en décidant de nous adosser à un groupe. 

EA : La vente de votre société a-t-elle toujours été votre objectif final ? 

J. Ferrebeuf : La plupart des entrepreneurs aspirent à vendre leur entreprise. Personnellement, je ne me suis jamais demandé si je voulais vendre, mais plutôt quand

EA : Comment avez-vous su que c'était le bon moment pour vendre ? 

J. Ferrebeuf : La décision n'a pas été facile à prendre, mais mon associé Etienne Rugeri et moi-même étions convaincus que nous devions passer à l’acte si nous voulions assurer notre développement à l'international. Notre industrie va très vite, et il y a une forte prime au premier entrant. On ne pouvait donc pas rester petit plus longtemps. Jusque là, nous avions toujours eu un côté bon père de famille, alors même que nous avions la chance d'être profitables depuis le premier jour et que nous n'avions encore jamais levé de fonds. Nous pouvions nous permettre de nous montrer un peu plus aventureux… C’est chose faite : avec cette acquisition, nous passons de 20 à 120 employés du jour au lendemain ! 

EA : Comment s'est passée la négociation ? 

J. Ferrebeuf : Nous avons sollicité les services d’une banque d'affaires qui a d'abord travaillé sur une présentation de notre entreprise. Puis nous avons rencontré un certain nombre d'acheteurs potentiels. Dès le début, nous avons senti que Mozoo allait mettre le paquet sur le développement du produit. La promesse d'être actionnaires et fortement intéressés au succès pour la suite qui nous a convaincus de travailler avec eux. Après avoir accepté leur offre, nous sommes entrés dans un processus de due diligence où ils ont vérifié la société avait été bien gérée. L'ensemble de la démarche a pris 6 mois.  

EA : Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant vendre sa start-up ? 

J. Ferrebeuf : Il faut savoir s'entourer. Choisir la bonne banque d'affaires et le bon cabinet d'avocats est crucial. 

EA : Quels sont vos prochains projets ?

J. Ferrebeuf : Mon associé et moi-même occupons des postes stratégiques dans le groupe et comptons bien travailler à sa réussite. Nous avons par ailleurs intégré le board de Mozoo et sommes également actionnaires. En tant que vice-président en charge du business développement dans le monde, je vais manager toutes les équipes dédiées du groupe sur ce nouveau produit, sur 5 bureaux : Paris, Londres, Hong Kong, Los Angeles et San Francisco. C'est un sacré défi, et je compte m'y consacrer pleinement sur les deux prochaines années. 
 

Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E11)

 



Illustration : Jonathan Ferrebeuf

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