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Tianhe Ji (E12), statégiste à la BNP Paribas : « La France et la Chine ont tout intérêt à coopérer »

Interviews

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05/02/2018

Tianhe Ji (E12), statégiste à la BNP Paribas, ouvre le dossier spécial « Chine : La tentation française » de Reflets #121 avec un tour d’horizon des relations économiques franco-chinoises.

ESSEC Alumni : Quelle est la place de la Chine parmi les partenaires stratégiques de la France ?  

Tianhe Ji : Sans surprise, la Chine arrive encore derrière l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Cependant, la relation franco-chinoise est ancienne et pérenne : la France a été le premier pays occidental majeur à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, en 1964. Aujourd’hui, les deux pays partagent la même vision d’un monde multipolaire, plutôt que dominé par une superpuissance.

EA : Quels sont les secteurs les plus porteurs pour la coopération économique franco-chinoise ?

T. Ji : Traditionnellement, la coopération économique franco-chinoise se concentre sur l'aviation, l'énergie nucléaire et l'agriculture. Cependant, à mesure que la Chine se convertit à la société de consommation, de nouvelles opportunités s’ouvrent du côté du commerce de détail. Les marques de luxe françaises sont déjà solidement implantées – notamment LVMH et L’Oréal. Décathlon et Carrefour sont également très bien positionnées sur le segment des bas prix. Enfin, le fait que les visiteurs chinois soient désormais en mesure d’obtenir un visa pour la France en 48 heures a un réel impact pour l’industrie du tourisme, de la culture et du divertissement.

EA : Les relations économiques entre la Chine et la France sont historiquement déséquilibrées. Que font les deux pays pour y remédier ?

T. Ji : Depuis 2013, la France et la Chine ont ouvert un dialogue économique et financier de haut niveau, auquel j’ai d’ailleurs personnellement contribué pendant deux ans. Qualité de la coopération diplomatique, bonne volonté des parties en présence… Les conditions sont réunies pour parvenir à un rééquilibrage.

EA : La Chine n’en reste pas moins notre premier déficit commercial bilatéral. Pourquoi ?

T. Ji : Le potentiel de la demande chinoise est énorme : selon la Banque mondiale, en 2016, le PIB de la Chine était de 11,2 trillions $, contre 2,5 trillions € pour la France. Cependant, au premier semestre de 2017, la France fait effectivement encore face à un déficit de 5,4 milliards $ avec la Chine. Pour comparer, sur la même période, l'Allemagne enregistrait un excédent de 6 milliards $ avec la Chine – et en 2016, elle accaparait 5,5 % de parts de marché en Chine, contre 1,6 % pour la France, selon France Diplomatie.
Cet écart témoigne bien sûr de la différence de compétitivité entre l'Allemagne et la France. Cependant, la situation pourrait bientôt changer. Jusqu’ici, l’économie chinoise était en grande partie tournée vers les investissements fixes. Mais la demande en machines et en autres biens industriels finira bien par atteindre un plafond, voire par chuter, tandis que la demande en biens de consommation, déjà en forte progression, va exploser. Et sur ce plan, la France a indéniablement l’avantage. Si je ne m’abuse, personne ne s'inquiète des parts de marché des cosmétiques français en Chine par rapport à ceux de l’Allemagne !

EA : Autre déséquilibre : selon France Diplomatie, en 2015, la France comptabilisait 33 milliards d’euros d’investissements directs étrangers en stock en Chine, tandis que la Chine n’en dénombrait que 5 milliards en France…

 

[…]

 

Propos recueillis par Louis Armengaud Wurmser (E11) et extraits du dossier « Chine : La tentation française » paru dans Reflets #121. Pour accéder à l’intégralité des contenus du magazine Reflets ESSEC, cliquer ici.

 

À propos de Tianhe Ji

Après une spécialisation en finance à l'Université de Pékin, Tianhe Ji rejoint l'ambassade en France en Chine en tant qu'attaché économique et financier en 2012. En 2016, il intègre BNP Paribas en tant que stratégiste sur le taux et change chinois. Tianhe Ji est également membre actif et organisateur d'événements de la communauté ESSEC à Beijing depuis 2013.

 

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