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Visionary Award 2026 : Julien Bonneville (E06), les coulisses du succès

Actus des alumni

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13/04/2026

Longtemps convaincu d’être « difficilement employable », Julien Bonneville (E06) a finalement tracé son propre chemin. Installé à New York, il fonde en 2015 TheGuarantors, une fintech offrant des garanties de loyer et permettant aux propriétaires de se prémunir contre le risque d’impayés.

TheGuarantors réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 250 millions de dollars et emploie 450 salariés aux Etats-Unis. En l’espace de dix années, l’entreprise est devenue une quasi-licorne. Une trajectoire soutenue par l’annonce, en mars 2026, d’une prise de participation majoritaire par le fonds de Private Equity new-yorkais Warburg Pincus. 

Le 20 mai à New York, Julien Bonneville (E06) recevra le Visionary Award 2026 lors du Gala ESSEC.

« En quelques années, je suis passé du statut de consultant post-étudiant difficilement employable à celui de préretraité », ironise Julien Bonneville. S’il célèbre le changement d’échelle qu’a opéré TheGuarantors avec l’adoption de son concept qui aujourd’hui se généralise auprès des principaux groupes immobiliers américains, le dirigeant mesure le chemin parcouru.

Car derrière cette trajectoire rapide, rien de linéaire. Chacune des levées de fonds est une épreuve. « Il faut imaginer le travail d’une levée de fonds. Pour moi, chaque tentative a été brutale. Ces périodes sont de véritables tests de résilience, avec parfois 50 à 60 refus à essuyer avant de pouvoir syndiquer un round. C’est un process souvent houleux qui est rarement mentionné par les entrepreneurs qui ont réussi. En Seed, c’est particulièrement éprouvant ». 

Il trouve un premier soutien auprès d’investisseurs européens, dont les fonds Partech, Alven, WhiteStar Capital et GFC.

Au-delà des investisseurs, il lui faut convaincre les assureurs de porter le risque. Pour cela, il s’appuie sur ses premières années en conseil. « Une expérience relativement pénible mais vraiment utile. Je savais faire de très beaux slides, ce qui est au demeurant assez rare en entreprise. C’était alors pratiquement mon seul élément de crédibilité auprès des assureurs, car, à l’origine, je n’avais aucun background en assurance, ni en immobilier », explique-t-il.

Couteau sous la gorge

Tout commence en 2015, à partir d’une idée, mais aussi d’une contrainte personnelle. Après deux années en cabinet de conseil, il se retrouve sans emploi et voit donc son visa de travail américain expirer. Créer son entreprise pour obtenir un visa investisseur devient alors une nécessité. Il se souvient : « j’avais le couteau sous la gorge. Créer mon entreprise était la seule façon de rester sur le territoire américain ».

L’idée, pourtant, est plus ancienne. Elle a germé cinq années auparavant, lorsqu’il était étudiant à Columbia. « Je ne voulais pas me loger sur le campus, j’ai donc cherché à louer un appartement ». Mais pour un étranger, l’accès au logement est complexe. En cause : le « credit score », cet historique de crédit indispensable pour rassurer les propriétaires. « Beaucoup d’étrangers qui s’installent aux États-Unis n’en ont pas », explique-t-il.

De cette expérience personnelle naît l’intuition fondatrice de TheGuarantors : proposer une garantie de loyer aux personnes qui voient leurs dossiers rejetés par les propriétaires du fait de niveau de salaire trop bas ou d’absence de credit score. Un mécanisme qui sécurise les propriétaires tout en ouvrant l’accès au logement à des profils jusque-là exclus. Une solution qui adresse un marché profond : aux Etats-Unis, 20 % des ménages locataires ne remplissent pas les critères. 

Résultat, dix ans plus tard, TheGuarantors couvre plus de 3,5 millions de logements locatifs auprès de grandes sociétés de gestion immobilière aux États-Unis. Aujourd’hui encore, le groupe affiche une croissance annuelle de 60 %.

Un développement qu’il explique par des unit economics solides et une approche résolument centrée sur la rentabilité dès le début des opérations. « Cela a été une approche disciplinée un peu à l’européenne, avec dès le début un focus sur une croissance forte mais rentable ; contrairement à tous les autres concurrents qui avaient typiquement levé trois fois plus mais qui ont depuis fait faillite », explique-t-il. Une ligne qu’il dit avoir construite en partie lors des cours dispensés par les frères Hayat au sein de la filière Entrepreneuriat.

Pour l’heure, il réfléchit au discours qu’il prononcera à l’occasion de la remise du Visionary Award. Parmi les petits conseils de carrière qu’il souhaite adresser aux jeunes diplômés : « être flexible, agile et vraiment super résilient ». Deux préalables, selon lui, permettent d’y être préparé : le passage par une classe préparatoire et quand même une expérience dans un cadre vraiment exigeant comme le conseil.

 

 Par Chloé Consigny (M07)

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