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Romain Pilliard (C98), navigateur : « Je cours la Route du Rhum pour promouvoir l’économie circulaire »

Interviews

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12/02/2018

Romain Pilliard (C98) s'est lancé dans la Route du Rhum avec un trimaran entretenu selon les principes de l’économie circulaire. Rencontre.

ESSEC Alumni : Dans votre parcours, qu’est-ce qui vous a amené – et préparé – à la Route du Rhum ? 

Romain Pilliard : D’une part, j’ai déjà effectué des courses au large en professionnel. D’autre part, après avoir travaillé dans l’événementiel et en marketing dans l’industrie nautique, j’ai créé avec mon épouse la société de marketing sportif spécialisée dans la voile, EOL Sports & Lifestyle. Nous avons notamment imaginé et organisons depuis 10 ans la plus grande course de voile en France, le Tour de Belle-Île, qui réunit chaque année 500 bateaux et près de 3 000 navigateurs professionnels et amateurs. Depuis quelques années, nous avons aussi développé notre activité de conseil à l’étranger, notamment en Nouvelle-Zélande et Chine.

EA : Pourquoi avoir choisi la Route du Rhum pour promouvoir l’économie circulaire ?

R. Pilliard : La Route du Rhum compte parmi les événements sportifs majeurs de 2018 en France. Le nombre de visiteurs sur le village de course et les chiffres des retombées médias des éditions précédentes sont exceptionnels. C’est donc une opportunité de visibilité extraordinaire.
Mais c’est aussi un événement mythique, dont l’histoire s’écrit depuis 40 ans avec des grands noms comme Loïck Peyron, Florence Arthaud, Philippe Poupon ou encore Laurent Bourgnon, et qui a toujours été à l’avant-garde des innovations et évolutions majeures de la course au large.

EA : Et pourquoi avoir décidé de défendre spécifiquement la cause de l’économie circulaire ? 

R. Pilliard : J’ai passé du temps en mer, j’ai beaucoup voyagé, notamment en Chine, et on ne peut qu’être choqué par ce que l’on voit, la pollution, le plastique, l’air irrespirable, l’eau non potable, le changement climatique... On se rend bien compte que nous avons été trop loin. Il faut vite trouver des solutions alternatives à notre économie, à nos modes de consommation. Beaucoup d’initiatives sont en cours, mais le changement doit concerner tout le monde, et tous les domaines.

EA : Comment les principes de l'économie circulaire peuvent-ils s'appliquer à l'industrie nautique ?

R. Pilliard : Nous avons encore du chemin à parcourir, mais rien n’est impossible. Déjà, sur tous les événements que notre agence EOL Sports & Lifestyle organise, nous avons le souci de ne pas laisser de trace sur l’environnement. Cela passe par la gestion des déchets, la réutilisation ou transformation du mobilier et de la signalétique d’une édition sur l’autre, la sensibilisation et la responsabilisation des participants, l’engagement auprès d’une fondation pour la protection de l’environnement…
Promouvoir l’économie circulaire dans le cadre de la Route du Rhum s’inscrit dans la continuité de cet engagement. En reprenant la barre sur une course aussi célèbre avec un voilier comme le trimaran Use It Again !, je montre qu’économie circulaire et performance sont parfaitement compatibles.

 

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EA : Quelle est la particularité du trimaran Use It Again ?

R. Pilliard : Il s’agit d’un trimaran de course de 75 pieds (23 mètres), le dernier bateau d’Ellen Mc Arthur en tant que navigatrice professionnelle, avec lequel elle a battu le record autour du monde en solitaire en 2005. Il fait partie de la catégorie « Ultime » sur la Route du Rhum, aux côtés des 6 trimarans les plus rapides au monde, ceux de Thomas Coville (Sodebo), Francis Joyon (Idec), François Gabart (Macif), Armel Le Cléach (Banque Populaire), Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne) et Sébastien Josse (Banque Edmond de Rotschild).
Je suis très fier de pouvoir donner une seconde vie à ce bateau très fiable. C’est un joli clin d’œil à Ellen Mac Arthur, avec laquelle j’ai navigué il y a quelques années, et qui depuis a elle-même fondé sa société éponyme de promotion de l’économie circulaire.

EA : En quoi ce trimaran constitue-t-il un modèle d’économie circulaire ?

R. Pilliard : Nous avons récupéré ce trimaran l’an dernier et l’avons rénové avec le souci du choix des matériaux, de la transformation ou du recyclage du matériel obsolète. Nous essayons ainsi de réutiliser un maximum de pièces déjà existantes, de faire preuve d’imagination au lieu de changer pour du matériel neuf. Exemple : avec une grande voilerie internationale partenaire du projet, nous réfléchissons en ce moment aux différentes solutions pour réutiliser des voiles existantes et les adapter à notre trimaran. Nous allons également produire des pièces en impression 3D avec du fil recyclé.
Il s’agit ici de montrer ce qu’on peut accomplir dans le cadre d’un tel projet, au plus haut niveau de la course au large, pour donner des idées aux différents acteurs de l’industrie nautique, depuis le constructeur de bateau jusqu’au plaisancier.

EA : Comment la communauté ESSEC peut-elle soutenir votre projet ? 

R. Pilliard : Il y a peut être au sein de la communauté ESSEC un décideur intéressé pour engager son entreprise dans le projet en tant que sponsor, ou des journalistes et des directeurs de communication qui pourraient m’aider à faire les choses en grand. Plus largement, j’invite tout diplômé sensible à mon initiative à prendre contact avec moi ! 


En savoir plus :
www.useitagain.fr
https://www.linkedin.com/company/use-it-again-fonds-dotation/
https://www.facebook.com/RomainPilliardUseItAgain/
https://www.instagram.com/romainpilliard_useitagain/

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