Working Out : le programme de mentorat à destination des jeunes LGBT+
En 2020, Vanessa Bottero (E18), Basile Anthonioz (E18) et Alexandre Oriez (E18) créent Working Out, un programme de mentorat destiné aux jeunes LGBT + en début de carrière. Une initiative née d'un constat simple : l'entrée dans le monde professionnel est une période décisive pour les personnes LGBT+. En l'absence d'un environnement de confiance, un certain nombre d'entre elles font le choix du silence et retournent au placard.
À l'occasion du mois des Fiertés, focus sur une association fondée par trois alumni.
Lors de leurs études, tous trois cachaient leur orientation affective. « À la sortie de l'école, nous n'étions pas out. Nous étions simplement out entre nous », se souvient Vanessa Bottero. À l'époque, Unite (le réseau LGBT+ de l'école) existe sous le nom de Diversity, mais reste confidentiel. « Le réseau était porté par un groupe d'étudiants de l'ESSEC, mais leurs réunions avaient surtout lieu à Paris. Il n'y avait aucun événement sur le campus. Aujourd'hui, Unite organise des soirées sur le campus, c'est très différent », constate Basile Anthonioz.
A la sortir du Campus, l'invisibilité se poursuit. Dans leurs premiers postes, les trois diplômés mesurent rapidement les différences d’environnement professionnels. « Nous avons pu constater qu'il y avait une réelle différence de cultures entre cabinets. Alex et moi étions chez McKinsey et BCG, des cabinets anglo-saxons très LGBT-friendly. C'était un cadre assez privilégié pour débuter une carrière. Basile, en revanche, a rejoint un cabinet de conseil français et le sujet LGBT+ n'était alors pas du tout abordé », raconte Vanessa Bottero.
Or, devoir dissimuler une part de soi au travail a une incidence directe sur le bien-être et la performance des collaborateurs concernés. Et contrairement à une idée reçue, la visibilité ne progresse pas : en France, elle recule. Selon le dernier baromètre Out@Work réalisé par BCG, moins d'un collaborateur LGBT+ sur deux (48 %) déclarait avoir fait son coming-out en entreprise en 2025, contre 54 % en 2018.
« Nous avons réfléchi comme des consultants : lancer quelque chose qui, avec le minimum d'effort, permette d'avoir un maximum d'impact », résume Vanessa Bottero. En s'inspirant d'associations telles qu'Article 1 ou Nos Quartiers ont du Talent, ils imaginent un programme de mentorat structuré. « Nous avons élaboré un guide du mentorat. Le programme dure un semestre, au cours duquel mentors et mentorés se retrouvent une fois par mois pour échanger sur la visibilité en entreprise », indique Alexandre Oriez. Les mentors ont cinq années d’expérience professionnelle, tandis que les mentorés entrent dans la vie active.
La première promotion voit le jour fin 2021. Elle réunit vingt mentors et mentorés, issus majoritairement du conseil. Les promotions suivantes s'ouvrent progressivement à d'autres secteurs : tech, finance, juridique. La clé du programme reste la qualité des matchings. « Nous avons fait l'effort d'aller chercher des rôles modèles pour leur proposer de devenir mentors, notamment auprès des femmes, qui restent encore trop souvent invisibles dans le monde professionnel », conclut Alexandre Oriez.
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