On dit souvent des radios qu’elles se choisissent comme les banques. Pour les Millennials comme pour la Gen Z, il y a fort à parier que leur station préférée soit celle que leurs parents écoutaient lorsqu’ils étaient enfants. Les repères se brouillent, en revanche, pour la génération Alpha et les suivantes. Si en 2026, la radio reste un média de référence, qu’en sera-t-il à l’avenir ?
Éléments de réponse avec Jonathan Curiel (E05), directeur général en charge des antennes radios RTL, RTL2 et Fun Radio.
En France, 38 millions de personnes écoutent chaque jour la radio. « La radio est un média de mobilité, ce qui explique, par exemple, que nous ayons perdu 2 millions d’auditeurs lors de la crise sanitaire. Aujourd’hui, le nombre d’auditeurs se stabilise, mais nous n’avons, en revanche, jamais retrouvé les niveaux d’avant Covid ».
Média de l’intime et de la mobilité
Pour Jonathan Curiel, la radio est avant tout le média de l’intime. « Le matin, nous pouvons rassembler plus de 3 millions d’auditeurs sur une interview. La radio fait partie du quotidien. On l’écoute en se brossant les dents. La voix apporte une dimension plus intime que la télévision ».
Pour autant, les usages se creusent entre les générations. Si, aujourd’hui, un jeune de moins de 35 ans sur deux écoute la radio quotidiennement, beaucoup sont attirés par d’autres formats. « La radio existe aujourd’hui au travers de marques fortes, mais si on veut que d’autres typologies de population l’écoutent, il faut se déployer sur les réseaux sociaux, se renforcer sur le podcast. Il faut que nos programmes linéaires, c’est-à-dire ceux qui passent à l’antenne toute la journée, deviennent des programmes que l’on a envie de podcaster et de consommer en replay ».
Répondre aux nouveaux usages
En France, comme partout dans le monde, le podcast se démocratise. Selon une étude ACPM-CSA publiée en 2025, 44 % des Français écoutent désormais des podcasts et deux tiers des auditeurs en consomment chaque semaine.
Côté podcasts, RTL n’est pas en reste. Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier caracolent en tête des téléchargements en France. L’heure du crime est également un des podcasts les plus attendus par les adeptes de faits divers. Le podcast natif, c’est-à-dire non destiné aux ondes, fait encore l’objet d’interrogations au sein de la rédaction. « Il y a encore des questions de rentabilité, mais c’est un axe de développement évident », assure Jonathan Curiel.
Le groupe mise de plus en plus sur des contenus enrichis et diffusés sur YouTube, où RTL est aujourd’hui très présent. « Si les jeunes générations n’ont pas forcément le réflexe radio, elles ont en revanche des réflexes réseaux sociaux et YouTube ».
Les formats avec image sont ensuite déclinés en version pastille à destination des réseaux sociaux. « La puissance des réseaux sociaux est essentielle : être présent sur Instagram, Facebook, TikTok est une nécessité. Cela permet à des gens qui n’ont pas le réflexe d’écouter la radio le matin de découvrir une interview ou un extrait plus tard dans la journée. »
Le directeur général engage ses antennes vers des médias hybrides, à la fois sonores, visuelles et digitales. « Le direct restera essentiel. Mais la radio sera de plus en plus filmée, diffusée et enrichie », anticipe Jonathan Curiel.
Propos recueillis par Chloé Consigny (M07)
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