Thomas Legrain (E96) : « Le réseau n’est pas un accessoire, c’est un levier essentiel »
Fort d’un parcours mêlant conseil en stratégie, direction générale et transformation des organisations, Thomas Legrain (E96) place depuis toujours l’humain au cœur de la performance. Après avoir accompagné de nombreux dirigeants et comités exécutifs, il poursuit aujourd’hui une activité de conseil centrée sur la stratégie et le capital humain, tout en développant des projets entrepreneuriaux à la croisée des mondes économique, politique et culturel. Convaincu que la réussite durable repose avant tout sur les femmes et les hommes, il partage dans cet entretien sa vision du leadership, de la confiance et de la force des rencontres.
ESSEC Alumni : Pouvez-vous résumer votre parcours ?
Thomas Legrain : Mon parcours mêle conseil en stratégie, pilotage opérationnel et transformation des organisations. J’ai accompagné de nombreux dirigeants et comités exécutifs sur des enjeux de gouvernance, d’organisation et de développement, avant d’exercer des fonctions de Directeur Général au sein d’un groupe d’enseignement supérieur privé. Aujourd’hui, je poursuis une activité de conseil centrée sur la stratégie et le capital humain. À l’heure où l’intelligence artificielle se développe rapidement, je m’intéresse avant tout à l’intelligence humaine, relationnelle et émotionnelle. Je suis convaincu que la performance durable repose d’abord sur les femmes et les hommes. En parallèle, je travaille sur un projet entrepreneurial visant à faire dialoguer acteurs économiques, élus locaux et artistes autour de nouvelles formes de création de valeur et d’impact.
EA : Qu’est-ce que « Club de l’Audace » ?
T.L : Créé en 2003, avec le soutien de Christian Poncelet, alors Président du Sénat, le Club de l’Audace est un cercle de rencontres et de réflexion qui réunit dirigeants, entrepreneurs, journalistes, intellectuels et personnalités du monde public. Sa vocation est de favoriser un dialogue exigeant et ouvert, dans un cadre volontairement convivial, où l’intelligence humaine, l’innovation et l’humanisme sont placés au cœur des échanges, au service de la compréhension et de la construction du monde de demain.
EA : Pourquoi avoir créé le « Club de l’Audace » ?
T.L : J’ai créé le Club de l’Audace par conviction personnelle. J’ai toujours pensé que rien ne remplace le temps de la rencontre. Se voir, échanger, partager, confronter ses idées, croiser des parcours différents et créer des liens durables sont, selon moi, des conditions indispensables pour penser juste et agir efficacement. Le Club est né de cette envie très simple : remettre l’humain, le dialogue et la confiance au centre.
EA : Quels liens faites-vous entre cette initiative et le reste de vos activités professionnelles ?
T.L : Mon parcours m’a naturellement conduit à être entrepreneur. Or, lorsqu’on entreprend, le réseau n’est pas un accessoire, c’est un levier essentiel : on a besoin de rencontrer des personnes, de comprendre, d’apprendre, de s’entourer. Plus largement, dans le monde professionnel, toute relation d’affaires repose d’abord sur une chose fondamentale : la confiance. Le Club de l’Audace offre un cadre exigeant mais bienveillant pour créer cette confiance, à travers des échanges sincères et durables, qui peuvent ensuite se prolonger naturellement en collaborations et en relations d’affaires.
EA : Comment l’offre du Club de l’Audace a-t-elle évolué depuis son lancement il y a plus de 20 ans ?
T.L : Depuis plus de vingt ans, le Club de l’Audace s’est progressivement structuré et enrichi, tout en restant fidèle à son ADN. Nous avons organisé en moyenne une dizaine de petits-déjeuners par an, ce qui nous a permis de recevoir plus de 200 personnalités issues d’univers très différents : dirigeants de grands groupes, décideurs politiques, sportifs de haut niveau, entrepreneurs ou figures inspirantes. Au fil du temps, le Club s’est développé autour de cercles thématiques pour répondre à des enjeux spécifiques : le Cercle RH, le Cercle Sport et Entreprise, et plus récemment le Cercle de l’Audace en Pays de Grasse suite à une rencontre avec le maire de Grasse Jérôme Viaud. Cette évolution traduit une volonté constante : proposer des espaces de rencontre utiles, humains et ancrés dans les réalités contemporaines.
EA : Quels intervenants vous ont-ils particulièrement marqué ?
T.L : Tous les intervenants m’ont marqué, chacun à leur manière. Chaque rencontre apporte un éclairage, une expérience, une manière différente d’exercer le leadership. Certains ont toutefois laissé une empreinte particulière. Frédéric Mazzella m’a profondément marqué par sa capacité à conjuguer brillance intellectuelle, humilité et écoute. Maud Bailly incarne un leadership moderne, exigeant et profondément humain. Le charisme et la vision stratégique de Patrick Pouyanné rappellent ce que signifie diriger un grand groupe dans un monde en profonde transformation.
Ces rencontres m’ont appris une chose essentielle : la réussite durable repose autant sur la vision et le courage que sur la qualité des relations humaines et la capacité à écouter et fédérer.
EA : Plus particulièrement, quels intervenants ESSEC avez-vous invités ?
T.L : De très nombreux anciens de l’ESSEC sont intervenus au fil des années dans le cadre du Club de l’Audace, au point qu’il serait difficile de tous les citer. Cette présence illustre la diversité des parcours ESSEC et leur rôle dans les sphères économiques, politiques et entrepreneuriales.
Parmi eux figurent notamment Gilles Pélisson, Franck Riester, Geoffroy Roux de Bézieux, Amélie Oudéa-Castéra, Benoît Coquart, Edward Arkwright, Cécile Béliot-Zind, Philippe Bloch, Jean-Luc Petithuguenin, Denis Payre ou encore Olivier Buquen.
EA : Et quels intervenants prévoyez-vous d’inviter dans les mois à venir ?
T.L : Dans les prochains mois, le Club de l’Audace continuera à croiser les regards et les expériences. Le 12 février prochain, nous accueillerons Anne de Guigné, journaliste au Figaro, autour du thème : « Argent, travail, innovation… comment la littérature permet de comprendre l’économie ? ».
Pour la suite, j’ai lancé une invitation à Patrick Martin, président du MEDEF, ainsi qu’à Robert Ménard, maire de Béziers, deux personnalités audacieuses que je trouve particulièrement inspirantes.
EA : Avez-vous d’autres projets ou nouveautés en préparation pour le Club de l’Audace ?
T.L : Oui, plusieurs projets sont en préparation. Je souhaite notamment créer de nouveaux Cercles thématiques. L’un serait dédié aux dirigeants de grands groupes, pour favoriser des échanges de très haut niveau entre pairs. Un autre donnerait la parole aux élus locaux, afin de leur permettre de valoriser leur territoire et leurs projets auprès d’entrepreneurs et de chefs d’entreprise. Mon ambition est que le Club de l’Audace demeure un lieu de dialogue exigeant et utile, capable de créer des passerelles entre les mondes économique, politique, artistique, sportif et associatif.
EA : À quels profils le Club de l’Audace s’adresse-t-il ?
T.L : Le Club de l’Audace s’adresse à des dirigeants, des entrepreneurs, des représentants du secteur public et, plus largement, à des personnalités engagées dans la vie économique et sociale. Je privilégie résolument la cooptation, car l’enjeu n’est pas la quantité mais la qualité et la complémentarité des profils. Les personnes souhaitant rejoindre le Club ou les entreprises désireuses de devenir partenaires peuvent me contacter directement en envoyant un mail à tlegrain@tlconseil.com. Elles peuvent aussi aller sur le site du Club www.club-audace.com.
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