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Bénédicte Richard (E82), DRH chez Chanel : « Les grandes entreprises et les start-up ne sont pas en concurrence sur le marché du travail »

Interviews

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23/04/2018

Reflets #122 consacre un dossier à la ruée vers les start-up, qui pousse les grandes entreprises à s’interroger sur leur attractivité. Une remise en question vivifiante, selon Bénédicte Richard (E82), DRH chez Chanel.

ESSEC Alumni : Aujourd’hui, arrive-t-il qu’on préfère une start-up à une grande entreprise ?

Bénédicte Richard : Sans assister à un mouvement de fond, les grandes entreprises voient désormais de jeunes talents démissionner pour lancer leur start-up ou pour en rejoindre une. Ce phénomène n’existait pas il y a 5 ans. De même, un nombre croissant de seniors en fin de carrière, qui ont atteint le sommet en interne, réfléchissent à des projets qu’ils pourraient lancer une fois à la retraite. La population diffère, mais la démarche révèle le même besoin de créativité. Celui-ci s’exprime d’ailleurs d’autres manières : beaucoup de salariés de grandes entreprises demandent à prendre part à l’effort d’innovation – c'est l'intrapreneuriat. Là, il ne s’agit plus de quitter l’entreprise, mais de la modifier de l’intérieur.

EA : Quel type de mesures les grandes entreprises prennent-elles pour répondre à ce besoin de créativité ?

B. Richard : Il existe de nombreuses initiatives allant dans ce sens. Une entreprise peut par exemple procéder à du crowdsourcing interne autour d’une problématique donnée, en sollicitant ses salariés pour qu’ils fassent des propositions ; à la clé, les moyens nécessaires sont mis en œuvre pour réaliser la meilleure idée.

EA : Les salariés reprochent aussi souvent aux grandes entreprises leur verticalité et leur hiérarchie… 

B. Richard : Conscientes de cela, beaucoup de grandes entreprises mettent en place des programmes de mentoring. Les membres d'un  comité exécutif peuvent ainsi accompagner pendant un certain temps des jeunes talents. Ensemble, ils partagent des moments privilégiés et confidentiels, éventuellement hors du siège, pour libérer la parole et faciliter l’échange. Cela permet de sortir de la relation hiérarchique et de faire du transfert de compétences à un haut niveau d’expertise. Inversement, on parle aussi souvent de « reverse mentoring » ; dans ce cas, ce sont les millenials qui conseillent et challengent les comités de direction, sur la stratégie ou le digital par exemple.

EA : Que répondez-vous à ceux qui affirment que les conditions de travail sont meilleures dans une start-up que dans une grande entreprise ?

B. Richard : […]

 

Extrait du dossier « Start-up et grandes entreprises : compétition ou coopération ? » paru dans Reflets #122. Pour accéder à l’intégralité des contenus du magazine Reflets ESSEC, cliquer ici.

 



Illustration : © Christophe Meireis

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